La « Stratégie du sac vide »

Coup d’œil graphique

Décalé Koné

 

Dans l’animation, la « Stratégie du sac vide » laisse volontairement une place à ce que les participants proposent, expriment, transforment ou découvrent. L’intervenant prépare un cadre clair et sécurisant, mais il ne prédétermine pas entièrement la forme que prendra l’action.

Il observe, écoute, relance et met en relation les propositions individuelles afin de favoriser l’émergence d’une construction collective. Le participant n’est donc pas seulement destinataire d’un contenu : il contribue à sa fabrication et reste auteur de son expérience.

Cette démarche, éprouvée auprès de publics très différents, constitue le premier champ historique de la « Stratégie du sac vide ». Elle peut aujourd’hui être transmise à d’autres professionnels de l’animation, de l’éducation, du social, du médico-social et de la culture.

Dans la coordination, le sac contient déjà le projet : objectifs, partenaires, moyens, calendrier, responsabilités, budget et cadre de sécurité. Mais il n’est pas rempli au point de ne plus pouvoir recevoir ce que le terrain va apporter.

Une partie reste disponible pour accueillir un imprévu, une contrainte, une ressource nouvelle, un désaccord, une proposition de partenaire ou une modification du contexte. Le rôle du coordinateur n’est alors ni de s’accrocher au plan initial à tout prix, ni d’improviser sans cadre : il distingue ce qui doit rester stable de ce qui peut être transformé.

Cette dimension prend toute sa force dans les projets A.C.T., volontairement multi-publics, multi-structures, multi-partenariaux et interinstitutionnels. La « Stratégie du sac vide » devient alors un outil d’ingénierie et de coordination adaptative.