Auteur/autrice : Décalé KONE
Création « Prochain arrêt »
Prochain arrêt « Voie A »
« Prochain arrêt » est un concept chorégraphique ambulant destinée à investir les espaces publiques ou privés en impliquant des jeunes, des adultes, des danseurs, des non danseurs, des artistes amateurs et professionnels, des passants, des habitants. C’est le lieu où l’on s’autorise à penser différemment tout en faisant ensemble, et à faire différemment en pensant pareillement. On y déconstruit pour reconstruire, ou inversement.
On parle souvent de la danse en se focalisant sur l’aspect type, style ou encore technique. Le chorégraphe Ibrahima KONE préfère n’y voire que des mouvements du corps, propres à chacun, un élan qu’il compare d’ailleurs à un voyage à destinations multiples. Pour lui la danse doit être libre et donc accessible à tous, que l’on en soit formé ou pas … Sinon ;
- Quelle différence entre « danser » et « bouger » ? Si pas de réponse concrète, alors nul ne doit être EXCLU de la danse, même pas sous les PRETEXTES LEGITIMATEURS de : « n’a pas été retenu », « n’a pas le niveau », « n’est pas de la bonne origine », « n’a pas la bonne couleur de peau, religieuse » etc.
« Prochain arrêt » veut restituer aux gens leurs libertés du mouvement. C’est un véritable couteau destiné à découper la danse, la décloisonner et à la déprofessionnaliser pour qu’elle soit d’abord un levier d’INCLUSION où le jugement devient le ridicule. Ce concept se veut un outils de création de liens sociaux, en milieux de vie communs, où l’on danse pour être et non paraître.
Imaginons ensemble donc la vie en heure de grande affluence à l’intérieur d’une gare ferroviaire et retranscrivons-la corporellement.

Le chorégraphe Ibrahima KONE murit cette initiative en 2013 et réalise avec sa compagnie Décalé Koné en 2014, sur le parvis de la gare Saint Charles, la première édition intitulée « Prochain arrêt voie A ».
Prochain arrêt Voie A – hors les murs et participatif
Édition 2014 à la gare Saint Charles
Ibrahima KONE l’initiateur de « Prochain arrêt »
Il initie et développe « Prochain arrêt », en fédérant : danseurs professionnels et amateurs, musiciens, chanteurs, des vidéastes autour de ce projet commun. Il s’agit aussi de proposer une autre façon de regarder et d’occuper les espaces communs, pour une renforcement de la cohésion sociale.
Extrait 11/10/14
Atelier de création en gare Saint Charles
https://youtu.be/ORHFNd7OsUk
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Comédie danse – origine artistique
LA « COMEDIE DANSE »
Le chorégraphe pratique « la danse », et non « une danse ». Ainsi, il souhaite esquiver le formatage de son expression corporelle et accorder plus d’espace à son imaginaire artistique.
Qu’appelle-t-il « COMÉDIE-DANSE » ?
Comédie : Toutes actions relatives à la pensée et au fait humain ou animale.
Danse : Tous mouvements mettant en scène le corps dans l’espace, susceptibles de raconter.
Il s’agite de pouvoir penser et dire son imaginaire, vivre sa façon d’être à travers le mouvement, construire et déconstruire en faisant de la danse un outil d’auto-construction et d’ouverture vers l’extérieur.
La « Comédie-danse », concept artistique proposé par le chorégraphe Ibrahima KONE, est « une forme artistique qui base ses énergies sur un assemblage de gestes et mouvements, contrôlés, mêlant étroitement les arts de la comédie et du mime. Le concept est particularisé par son ouverture vers les autres techniques et formes artistiques ainsi que par son accès facile, autant par des danseurs identifiés que les autres personnes. Son idéal est de servir dans le monde artistique et socio-contemporain, d’un support de création qui se veut entièrement libre dans son expression.
Elle égalise les aspects esthétiques et communicatifs, contribuant à la matérialisation d’un imaginaire, un état ou d’un désir. Elle s’appuie sur les énergies des danses africaines, celles où l’essentiel est d’être maître de ses mouvements.
« A travers la « Comédie danse » il est d’abord question de sentir le geste et de le vivre en affinant avant tout sa perception, sa sensation, l’image que l’on a de soi-même, de son corps, de ses propres possibilités. C’est en toutes sommes une alchimie entre force et légèreté, la précision et l’ouverture, la puissance et la grâce.
Apprendre et/ou pratiquer la « Comédie-danse »
Dans la « Comédie Danse » :
-la nullité n’existe pas,
-l’on bouge pour être et non pour paraître,
-l’on progresse en se contentant de mouvements faciles et agréables,
-l’on évolue du mouvement vers la sonorité, et de la sonorité vers le mouvement,
-l’on expérimente pour acquérir des capacités utiles à la construction d’autres mouvements plus complexes.
Réflexion du chorégraphe
Ce n’est pas sur le coup d’un hasard qu’Ibrahima KONE propose la « Comédie Danse ». Riche de ses nombreuses années d’expériences artistiques diverses et de sa double culture africaines et occidentales, il s’initie à l’enseignement de la danse structurée en Afrique en 1994. L’idée de la « Comédie Danse » ressort d’autant de temps de recherches et d’expérimentations pédagogiques de la danse en France et d’autres pays européens.
De nombreuses études, des penseurs, des théoriciens ou encore, des artistes nous ont prodigué des enseignements sur des vertus de la danse.
La danse est souvent désignée ou perçue comme une activité destinée à la création chorégraphique, recherchant parfois le beau, l’esthétique ou tout simplement pour être commercialisée. Lorsqu’elle est présentée sous son aspect pluriel en évoquant des différences nominatives, les questions liées aux types, styles, techniques etc. se posent. C’est dans ce cas-là que certaines danses s’accompagnent de nombreuses règles, souvent trop strictes, voire restrictives ; des critères liés au poids, à la taille, au genre, à la couleur etc. L’analyse de « Jean-Louis Barrault » contredit clairement les préceptes qui réduisent l’être à la contrainte en le replongeant dans la lourdeur, au moment même où certaines personnes recherchent en la danse un refuge qui leur permettrait de se libérer d’un quelconque mal-être. C’est sur cette base conceptuelle que la « Comédie danse » prévoit une ouverture et de la souplesse afin de servir d’un exutoire propice à la transformation des énergies au profit de la personne.
Danser c’est communiquer avec son corps, ce qui va au-delà de la simple exécution de mouvements esthétiques inscrits dans un cadre réglementaire, exigeant certaines conduites et bannissant d’autres. Il s’agit pourtant d’exprimer du soi-même ou d’interpréter d’autres choses. La danse incarne donc un langage, une symbolique, et doit entre autres permettre à l’être d’exposer ce qui se trouve à l’intérieur de lui au risque de l’incompréhension. Il s’agit d’une forme de communication et si l’on ne peut vivre en société sans communiquer alors, …
La liberté de l’expression du corps devient un droit
De son regard critique sur certaines académiques de danses, Ibrahima KONE s’est rendu compte que nos espaces d’expression se réduisaient singulièrement et qu’il fallait trouver d’autres façons de « libérer ses expressions, les véritables, immatérielles, celle de l’intérieur ». Il s’inspire donc de ses expériences, mêle des valeurs et techniques des traditions africaines et des capacités des danses contemporaines pour trouver une forme de liberté dans la communication artistique. Il défriche d’autres territoires artistiques pour donner à l’expression dansée sa juste place. C’est l’essence même de la « Comédie danse », qui veut restituer au corps du danseur toute l’ampleur et la beauté naturelle de son mouvement. On y pratique « la danse » on ne peut plus vivante, et non « une danse ». Il est question d’un partage, d’un geste qui touche soi et l’autre.
Ibrahima KONE pense qu’il est difficile de prendre la parole dans notre société, et trop facile d’y renoncer. La « Comédie danse » va vers les autres, propose un espace d’expression commune, pour dire, et pour qu’on se libère ensemble.
Qu’entendre par « Comédie, mime » et « Danse »
– Comédie et mime : tous mouvements ou son, rappelant l’action physique, ou la pensée humaine ou animale.
– Danse : expression artistique du corps non conditionnée.
Cette démarche souhaite lever les censures que subit le corps, par les éducations, les apprentissages et d’autres formes d’enseignements enfermant l’être dans des visions unilinéaires, un espace de danse cloisonné.
Le danseur devrait être vu, non seulement comme celui qui doit toujours retranscrire des mouvements commandés mais surtout comme celui qui peut traduire ses propres émotions. Pas comme celui qui doit paraitre beau, mais surtout comme celui qui à travers son discours chorégraphique matérialise sa beauté…
Liaison – « Comédie danse » / « Stratégie du sac vide »Écrite en 2014, la « Comédie danse » constitue le socle artistique à partir duquel s’est progressivement construite l’ensemble de ma démarche. Elle est née d’un besoin de penser la danse non comme une forme codifiée à reproduire, mais comme un espace de liberté, d’expression et de communication, accessible à tous les corps. Cette recherche artistique, centrée sur le geste vécu, l’imaginaire et la liberté d’expression corporelle, a ensuite été confrontée à de multiples contextes de terrain : école, structures médico-sociales, dispositifs éducatifs et socio-judiciaires. Ces expériences ont nécessité de poser un cadre plus précis, sécurisant et transmissible, sans jamais renoncer à l’élan de liberté qui en constituait l’origine. C’est dans cette continuité que s’est peu à peu affirmée une méthode pédagogique, permettant de préserver l’espace laissé à l’expression des participants tout en garantissant un cadre clair, structurant et adapté aux différents publics accompagnés. La « Comédie danse » demeure ainsi la matrice artistique d’une méthode pédagogique qui, au fil du temps et de l’expérience, s’est formalisée pour accompagner, transmettre et créer des espaces de mouvement partagés : la « Stratégie du sac vide ». |
La Compagnie
Elle est fondée par le chorégraphe Ibrahima KONE, dans la continuité et pour pérenniser les actions de l’association, « LE DOUSSOU », créée en septembre 2000.
La compagnie expérimente des créations privilégiant la transversalité des genres artistiques, prospecte sur de nouveaux espaces et modes de travail, le décalage des idées, le décadrage du matériau.
Ses créations et ateliers pédagogiques s’intéressent aux actualité et problèmes sociaux… en vue de proposer des espaces de réflexions collectives…
Une démarche artistique et sociale ouverte
Elle collabore avec des professionnels et amateurs, jeunes et adultes, filles et garçons de différentes origines, dans des domaines artistique divers.
La compagnie « DÉCALÉ KONÉ » est une formation chorégraphique qui :
– dans ses action, veut travailler autant sur le fond que la forme,
– développe ses projets dans un esprit de partages permanents,
– recherche le développement personnel et du collectif,
– encourage le travail et la dynamique de groupe,
– favorise le respect de soi, de l’autre et des lieux.
– ignore les différences entre les personnes.
Les danses sont par habitude classées dans des cases précises et fermées. La Compagnie souhaite élargir ses champs de recherches, de rapprocher les personnes et les connaissances, et enrichir ses travaux pour un profit collectif. Au risque de paraître « décalée des cases d’identification, à l’image de son chorégraphe Ibrahima KONÉ, elle expérimenter des idées nouvelles non forcément conformes aux pratiques habituelles. Elle fusionne notamment : Gumboots et Hip-Pop, danses contemporaine et Capoeira, danse,comédie et mime.
Convaincu du bienfondé de sa démarche, elle tient à privilégier l’échange des idées et à maintenir son cap sur le travail de collaboration tout en contribuant au développement de l’art en général et de la création chorégraphique en particulier.
Elle explore la danse en tant que moyen d’expression du corps, repoussant expressément les frontières entre les types et techniques afin d’accorder un espace plus ouvert au corps. Elle s’intéresse à la pluralité artistiques à l’instar de ses créations chorégraphiques de 2014 : « BALANCE » et « PROCHAIN ARRÊT VOIE A ».
La compagnie « Décalé Koné » propose également des ateliers artistiques et
pédagogiques aux Collèges, lycées, établissements pénitentiaires et centres sociaux. Elle associe autour de projets professionnels communs des niveaux d’expériences distincts : débutant, confirmé, en voie de professionnalisation. Ses activités pédagogiques proposent des visites, des rencontres, des échanges et des conférences-débats dans des lieux non forcément sensibles à l’activité artistique.
Elle fait appel à des personnes et structures, expérimentées ou non, qui souhaitent partager leurs savoirs, sortir de l’ordinaire pour produire ensemble des actions défiant la stagnation des idées et des concepts, pour des diffusions ici et ailleurs. Il s’agit notamment de concevoir des créations à partir d’espaces publiques pour des restitutions sur d’autres espaces publiques.
