Parcours – Ibrahima KONE

 

IBRAHIMA KONE – PARCOURS ET EXPERIENCES 

Une trajectoire construite par le mouvement, le terrain et l’expérience

 

1999–2000 · Arriver en France, entrer dans un nouveau contexte

Ibrahima KONE arrive en France en 1999 à la suite d’une invitation formulée par une association, dans l’objectif d’animer des ateliers de danses traditionnelles africaines.

À ce stade, cette invitation ne s’inscrit pas encore dans un projet professionnel structuré.
Il s’agit avant tout d’entrer dans un nouveau contexte, de découvrir un territoire, d’observer et de comprendre un environnement social et culturel différent.

Le corps devient alors un repère essentiel.

La danse, déjà présente dans son parcours, s’impose naturellement comme un langage, un espace d’expression et de relation, sans être encore pensée comme un outil professionnel ou pédagogique formalisé.

2000–2013 · Pratiquer, transmettre, structurer sans le nommer

Les ateliers de danses traditionnelles africaines animés par Ibrahima KONE sont conçus dès l’origine comme des espaces de partage de valeurs humaines, culturelles et traditionnelles africaines, où la danse devient un support de lien, de mémoire et de relation.

Cette dynamique se prolonge et s’élargit auprès de plusieurs associations, en France, mais également à travers des stages qu’il anime en Hollande et en Belgique.

Ces expériences renforcent une approche de la danse fondée sur le collectif, l’échange et la reconnaissance des personnes, au-delà des styles, des cadres esthétiques ou des appartenances culturelles.

C’est dans ce contexte qu’Ibrahima KONE développe progressivement une lecture du corps comme outil d’expression et de communication.

Le mouvement devient un langage à part entière, capable de porter du sens, de créer du lien et de traverser les différences culturelles, sociales ou linguistiques.

En 2000, la création de l’association « LE DOUSSOU » marque une première structuration de cette pratique.

Elle ne relève pas d’une stratégie institutionnelle, mais d’une nécessité concrète : donner un cadre à des actions déjà engagées sur le terrain.

Durant cette période, Ibrahima KONE danse, transmet, accompagne et organise, sans encore nommer ce qu’il fait en termes professionnels.

Il exerce pourtant déjà, de fait, des fonctions d’animation, de médiation et de coordination, fondées sur l’écoute, l’adaptation et le faire avec.

2013–2014 · Créer, affirmer une démarche, traverser les difficultés

En 2013, la création de la « Cie Décalé Koné » marque une étape importante dans l’affirmation de la démarche chorégraphique.

Les créations se développent, la reconnaissance artistique progresse, les partenariats se multiplient.

Cette période est cependant traversée par des difficultés.

Elles obligent à interroger le sens de la pratique artistique, la posture adoptée et la direction à donner au travail engagé.

Ce temps de tension agit comme un moment charnière.

Il amorce une réflexion plus large sur l’inscription sociale de la danse et sur la nécessité de penser l’art non plus uniquement comme création, mais aussi comme outil d’action et de relation.

2014–2022 · Naissance et déploiement du concept « A.C.T. »

En 2014, Ibrahima KONE formalise le concept « A.C.T. – Art pour Chacun et pour Tous ».
Ce concept naît d’un constat récurrent : l’existence de mécanismes d’exclusion, visibles ou invisibles, dans l’accès à l’art et à la pratique artistique.

Le principe fondateur est clair et non négociable :

personne ne doit être exclu de l’art.

À partir de 2015, le concept A.C.T. se déploie dans des contextes variés : milieu scolaire, médico-social, associatif et carcéral.

La danse devient alors un outil de relation, de régulation et de construction collective, inscrit dans des cadres sécurisés, adaptés aux réalités institutionnelles et aux publics accompagnés.

Sans l’avoir prémédité, Ibrahima KONE se situe désormais pleinement dans le champ de l’animation socio-éducative et socioculturelle, en tant que praticien de terrain.

2020 · Consolider la posture, observer, analyser

La période du Covid marque un temps de ralentissement forcé.

Elle devient un moment d’observation, d’analyse et de prise de recul.

Cette phase contribue à la consolidation de la posture professionnelle : clarification des principes d’intervention, stabilisation des cadres, identification des éléments structurants de la démarche.
Il ne s’agit pas d’un arrêt, mais d’un temps nécessaire pour comprendre, formaliser et renforcer ce qui est déjà à l’œuvre.

2024 · « A.C.T.-7 » : une réalisation structurante

En 2024, le projet « A.C.T.-7 » constitue une étape majeure du parcours d’Ibrahima KONE, tant par son ampleur que par le niveau de responsabilité qu’il engage.

Ce projet rassemble cinq structures partenaires distinctes, issues de champs institutionnels différents dont 3 prisons, un collège et un foyer médicosocial, et implique un nombre important de participants aux profils variés.

Il mobilise à la fois des publics accompagnés, des professionnels, ainsi qu’une équipe d’animateurs placée sous sa coordination.

La mise en œuvre de « A.C.T.-7 » nécessite une articulation fine entre plusieurs institutions, dans un cadre contraint et exigeant, notamment en milieu pénitentiaire.

Elle suppose un travail constant d’ajustement entre exigences artistiques, responsabilités éthiques, règles institutionnelles et réalités du terrain.

Au-delà de l’intervention artistique, Ibrahima KONE assure :

  • la conception globale du projet,
  • la coordination des partenaires,
  • la gestion des équipes,
  • le suivi administratif,
  • ainsi que la recherche et la sécurisation des financements nécessaires à sa réalisation.

« A.C.T.-7 » ne constitue pas seulement une réussite opérationnelle.

Il marque un changement d’échelle dans le parcours : celui du passage d’interventions multiples à la conduite d’un projet interinstitutionnel complexe, pensé, structuré et porté dans sa globalité.

Cette réalisation agit comme une synthèse exigeante de plus de vingt années de pratique :
elle confirme la capacité d’Ibrahima KONE à concevoir, piloter et mener à terme des projets artistiques à visée sociale, dans des contextes sensibles et fortement encadrés.

2025 · Déployer, structurer, changer d’échelle

À partir de 2025, le parcours d’Ibrahima KONE entre dans une phase de déploiement et de structuration à grande échelle.

Le projet « A.C.T.-8 » (Art pour Chacun et pour Tous – 8ème édition), réalisé en 2025, prolonge et approfondit les fondements posés par les éditions précédentes.

Il confirme la capacité de la démarche à se renouveler, à s’adapter à de nouveaux contextes et à intégrer des dimensions de transmission, de médiation et de coopération toujours plus larges.

Parallèlement, plusieurs dispositifs structurants prennent forme et s’affirment :

  • Le projet « D.R.E.P.A. », dédié au bien-être des professionnels de services publics et associatifs exposés à des contextes de forte charge humaine,
  • Le dispositif « D.R.E.M.E. », déclinaison pensée spécifiquement pour le public étudiant,
  • et surtout Le projet « D.A.T. – Danses Africaines pour Tous », conçu comme un dispositif à destination de la Ville de Marseille, pensé, élaboré et porté de manière autonome.

Ces projets et dispositifs marquent un changement d’échelle :
il ne s’agit plus seulement d’interventions ou d’actions ponctuelles, mais de dispositifs durables, pensés pour s’inscrire dans les territoires, les institutions et les politiques publiques locales.

Depuis 2026 · Transmettre, essaimer, inscrire dans la durée

À partir de 2026, le parcours s’oriente vers une nouvelle phase : celle de la transmission des compétences, de l’essaimage de la démarche et de son inscription durable.

Dans cette perspective, les démarches de reconnaissance académique, dont la VAE, ne constituent pas une finalité, mais un outil de structuration et de légitimation, au service d’un objectif plus large :
transmettre une méthode pédagogique, une posture professionnelle et une manière d’intervenir issues de plus de vingt-cinq années de pratique de terrain.

L’enjeu est désormais de permettre à d’autres professionnels — enseignants du supérieur, animateurs, éducateurs, artistes-intervenants, formateurs — de s’approprier cette démarche, de l’adapter à leurs contextes et de la faire vivre à leur tour, sans la figer ni la standardiser.

Avec « A.C.T.-9 », en cours de préparation pour 2026, cette ambition prend une forme concrète :
celle d’un projet pensé comme un espace de transmission, de coopération et de consolidation des partenariats, ouvrant la voie à une diffusion élargie de la méthode et des dispositifs développés.

Un fil conducteur toujours vivant

Depuis 1999, le fil conducteur du parcours d’Ibrahima KONE demeure constant :
le corps, le mouvement, la relation, le cadre et le collectif.

Il s’agit d’un processus en évolution, construit par l’expérience, l’action et la confrontation permanente au réel.

Ce cheminement témoigne d’une mise en cohérence progressive entre pratique artistique, responsabilité sociale et capacité à concevoir, transmettre et faire durer des projets artistiques à visée sociale.


« A.C.T. » : (Art pour Chacun et pour Tous) Un dispositif socle

(L’art comme outil d’inclusion et de construction solidaire)

 

  ¤ Projet/Concept labelisé depuis 2023 par « la Fondation du Camp des Milles – Mémoire et Education dans le cadre de la Chaire UNESCO » « Education à la citoyenneté, Sciences de l’homme et convergence des mémoires » ».

Décalé Koné

 

A.C.T.- article – CDM – Journal 1-2-3